mardi 8 avril 2008

Hors jeu(x) !

L'actualité sportive offre plusieurs sujets se prêtant à commentaires. En effet, qu'il s'agisse de football avec les multiples erreurs d'arbitrage et la connerie de certains supporteurs, ou des Jeux Olympiques avec le problème sous-jacent des droits de l'Homme en Chine : le sport s'expose aux critiques.
I- Le football sous le feu des critiques.
Les arbitres de football se distinguent de plus en plus par leurs erreurs commises au cours des matchs de championnat mais aussi à des moments plus importants : la finale de la Coupe de la Ligue. Cette même finale offre la triste occasion de parler de la connerie des supporteurs de football qui se manifeste dans les tribunes sous plusieurs formes.
A- Les arbitres : hors jeu !
Le bruit court que les arbitres de Ligue 1 sont les plus mauvais arbitres européens, ce qui se traduit notamment par l'absence d'arbitre français à l'Euro 2008 qui aura lieu en Autriche et en Suisse. Les statistiques ne plaident pas en leur faveur : depuis le début de la saison, au terme de la 31e journée, pas moins de 85 "erreurs importantes" ont été recensées par le journal L'EQUIPE (voir le lien). Le match Bordeaux-Nancy a d'ailleurs connu pas moins 4 erreurs qui ont coûté la voctoire aux nancéens (qui seraient revenus à hauteur des bordelais à la seconde place du classement). Le jour même, lors de la finale de la Coupe de la Ligue opposant le RC Lens au Paris Saint-Germain, deux erreurs de M. DUHAMEL ont octroyé le trophée aux parisiens. Les arbitres français ne sont pas les seuls en cause puisqu'en Champion's League et en Coupe UEFA aussi les arbitres font des erreurs qui coûtent cher. Les arbitres hollandais et suédois des rencontres ayant opposées Arsenal et Liverpool sont visés (le premier ayant refusé un pénalty évident sur une faute commise par le batave Dirk KUYT, son ancien voisin (!) ; le second ayant octroyé le pénalty de la victoire à Liverpool sur une faute inexistante). L'arbitre suisse du match opposant Getafe au Bayern de München a injustement accordé le second but de Luca TONI alors que celui-ci s'était appuyé sur le défenseur espagnol. Malgré toutes ces erreurs décisives, le président de l'UEFA, le français Michel PLATINI, maintient son opposition incompréhensible à l'égard de la vidéo (alors que le rugby y recourt!). En effet, il pense que deux arbitres placés dans les surfaces de réparation suffiront à éviter de telles erreurs. Pourtant il admet que l'erreur est humaine... De ce fait, il ne fera qu'augmenter les possibilités de commettre des erreurs. Pourquoi refuser l'évidence : la vidéo est nécessaire.
Par ailleurs, et cela concerne uniquement les arbitres français, le comportement des "hommes en noir" est plus que montré du doigt par le milieu. En effet, ces derniers ont une fâcheuse tendance à se comporter comme des tyrans. Preuve en est : Antoine KOMBOUARE, l'entraîneur de Valenciennes, s'est fait expulsé par l'arbitre du match alors qu'il a été pris à parti par le quatrième arbitre (quatrième arbitre qui finalement ne sert qu'à énerver les entraîneurs déjà sous pression puisqu'ils n'indiquent que le temps additionnel et les changements...ils pourraient également se charger du contrôle de la vidéo et démontreraient ainsi leur utilité!). Outre ces problèmes, le comportement sur le terrain est loin d'être exemplaire. En effet, lorsqu'ils attribuent une "sanction administrative" (un carton jaune ou rouge) ils ne font que le brandir avec une attitude plus que hautaine. Les arbitres anglais appellent le joueur concerné, lui expliquent la faute commise et lui adressent le carton. L'échange est plus humain, cordial et la sanction est non seulement comprise par le joueur mais aussi mieux acceptée puisque l'arbitre se montre plus "accessible" par rapport aux joueurs, moins dictatorial.
Le football ne se distingue pas uniquement par les erreurs d'arbitrage mais, malheureusement, par la connerie de certains "supporteurs".
B- Les supporteurs : hors jeu !
Personne n'a pu passer à côté de cette histoire de banderole déployée par un fraction de "supporteurs" du Paris Saint-Germain lors de la finale de la Coupe de la Ligue face au Racing Clud de Lens. La violence de sa teneur était à la hauteur de l'imbécilité de ses auteurs ("Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch'tis"). Esperons que la Justice puisse sanctionner comme il se doit ces individus qui ne méritent pas l'appellation de "supporteurs". D'ailleurs, ils ne méritent pas d'entrer dans un stade de football qui doit être uniquement la scène d'un spectacle sportif.
Il serait cependant injuste de stigmatiser les "supporteurs" parisiens (pourtant spécialistes en la matière) puisque les Bastiais, les Lyonnais et les Stéphannois se sont également fait remarquer avec des banderoles toutes plus stupides et grossières les unes que les autres (surtout lors des derbys entre Lyon et Saint-Etienne).
Il toutefois triste de voir que la commission de discipline de la Ligue de football professionnel est plus difficilement enclin à sanctionner le PSG que le FC Metz! En effet, suite aux injures raciales dont Ouaddou a été victime, le club lorrain a été sanctionné par le retrait d'un point au classement et ce dans la quinzaine des faits. Le PSG, lui, a le luxe de voir sa sanction repoussée jusqu'au 30 avril (plus d'un mois après les faits). De plus l'incertitude demeure quant au fait de sanctionner le club parisien. En effet, le PSG est concerné par la reléagation et les autorités hésitent quant au fait de lui retirer des points qui pourraient peser lourd. Je rappelle juste que Metz est en dernière position et donc pleinement concerné par la relégation.
Quant au fait de savoir qui il faut sanctionner quand les "supporteurs" se rendent coupables de tels agissements, je pense que le club est responsable dans la mesure où il contrôle les entrées au stade (et encaisse les bénéfices!). De plus, le football et plus particulièrement la Ligue professionnelle se voit octroyer des droits de télévision exorbitants, il serait normal que les clubs (qui en touchent une bonne partie) fassent des investissements dans la sécurité des stades. Cela devrait également être couplé par l'adoption de mesures législatives à l'encontre des "supporteurs" coupables de tels actes, mesures qui prévoieraient l'interdiction de stade pour longue durée (comme cela se fait en Angleterre) et obligation de pointer au commissariat pendant les heures de match. L'Angleterre a d'ailleurs adopté de telles mesures pour éradiquer le hooliganisme de ses stades, avec succès, après de tristes évènements (le Heysel en 1985) et de lourdes sanctions contre les responsables (exclusion de Liverpool des coupes européennes). J'espère donc que les sanctions seront exemplaires et produiront leurs effets afin que les stades français soient enfin le théâtre d'un spectacle complet, à la fois sur le terrain (sic) et dans les tribunes (avec des chants de supporteurs dignes de ceux anglais ou allemands).
Le football n'est pas l'unique sujet de discussion sportif. En effet, ces derniers temps, les Jeux Olympiques s'exposent à de nombreuses critiques. En fait, ce ne sont pas les J. O. qui sont directement visés mais les organisateurs, puisque le comportement des autorités chinoises à l'égard des tibétains fait plus que jamais débat.
II- La Chine : hors jeux olympiques !
Les Jeux Olympiques d'été se dérouleront, cette année, en Chine. L'hôte olympique s'est tristement distingué au cours des dernières semaines, voire au cours du dernier siècle. En effet, pour répondre à une révolte tibétaine, les autorités chinoises ont déployé une violence extrême en répression. Nul doute que les chinois ont le sens de l'exemplarité des peines!
Néanmoins, l'opinion publique mondiale s'est saisie de l'occasion des J. O. pour tenter de peser sur la question tibétaine. En effet, suite aux interventions médiatiques de sa sainteté le Dalaï Lama, le courant pro-tibétain a profité du parcours de la flamme olympique autour du monde pour dénoncer l'oppression, voire le "génocide culturel" dont souffre ce peuple. De façon plus large, les militants des droits de l'Homme se sont saisis de cette question qui ne doit laisser personne indifférent! En effet, ce sont des valeurs universelles qu'il convient de défendre. Devons nous laisser nos impératifs économiques prendre le dessus, la question est posée. Certains chefs d'Etat ou de gouvernement ont décidé de ne pas se rendre à la cérémonie d'ouverture des jeux de Pékin (Gordon BROWN notamment). Notre Président de la République a dit qu'il réservait sa réponse... Bref, nos impératifs économiques (notre collaboration avec les chinois) pèsent bien lourds dans la balance! Toutefois, il ne faut pas accabler Nicolas SARKOZY car il doit s'assurer de la bonne santé économique de la France, santé qui passe par une nécessaire collaboration avec les chinois. En effet, combien d'entre nous n'ont aucun produit estampillé "made in China"? Combien d'entre nous sont contents que la France puisse vendre des avions, des TGV, des centrales nucléaires à la Chine? Nul ne peut contester que la Chine constitue un énorme marché, incontournable pour nos entreprises. Pour autant, je ne pense pas que la question des droits de l'Homme et du Tibet doit passer à la trappe. Je pense que nos dirigeants sont pas à la meilleure place pour défendre cette cause face à la Chine. De toute façon, combien de chinois connaissent nos différents chefs d'Etat ou de gouvernement? Très peu, donc leur absence à la cérémonie d'ouverture aurait que peu de raisonnance en Chine mais ne manquerait pas de heurter nos partenaires commerciaux, compliquant ainsi une scène économique internationale déjà tourmentée par la conjoncture actuelle. Je pense en revanche qu'un moyen de pression efficace existe. En effet, quoi de mieux qu'une décision de nos chaînes de télévision de ne pas retransmettre la cérémonie d'ouverture des Jeux? Nos gouvernements et chefs d'Etat ne pourraient alors que répondre à la Chine que les médias sont libres chez nous! La Chine se heurterait ainsi à nos valeurs, que nous défendons tous et non aux positions particulières de nos dirigeants. Je pense que seule une décision issue de la Société civile peut être lourde de sens, nos dirigeants sont bien incapables d'agir efficacement en matière de droits de l'Homme face à un partenaire commercial dont ils ne peuvent se passer (pour notre bien!).
Ainsi, je pense qu'il faut défendre nos valeurs et la cause tibétaine à notre niveau. Je pense que la force des citoyens de nos démocraties peut engendrer une grande vague dont les médias seraient bien inspirés de se saisir, manifestant ainsi notre liberté et la liberté de la presse. Je pense que ce serait la meilleure des leçons à donner à la Chine afin qu'elle prenne conscience que nous sommes attachés à nos valeurs, que nous ne cédons pas. La Chine n'aura alors d'autres moyens que de respecter nos valeurs, sous peine de se mettre hors Jeux!