lundi 25 août 2008

De la grandeur aux Etats-Unis, tome II : Tampa

Voilà, nous sommes le samedi 28 juin et notre étape Orlando touche déjà à sa fin. Ces six jours sont passés à une vitesse folle ! Il faut dire qu'avec un parc d'attractions par jour notre programme était bien chargé. Mais il nous en restait encore un à découvrir : Bush Garden's, à Tampa, d'où notre seconde étape dans cette ville située sur le golfe du Mexique. Avant cela, une heure de route à effectuer dans un taxi.

Après ce long trajet, nous avons tout de suite pu monter nos bagages dans notre chambre d'où nous avions une magnifique vue sur l'Ashley Drive. Le temps de prendre nos marques dans l'hotel et nous voilà partis à la découverte de Tampa et son centre d'affaire, où se situe notre hotel.


Non loin de notre "campement" se trouve la prestigieuse Université de Tampa. Il faut dire que les infrastructures sont impressionnantes. Les bâtiments sont modernes et s'incèrent dans un cadre idyllique ! Après avoir marché pendant presque une heure, et avoir cru voir un requin qui n'était en fait qu'un dauphin (en passant sur un pont qui enjambait un bras de mer), nous avons décidé de rentrer à l'hotel afin de manger et surtout profiter de la piscine. Une après-midi détente où l'on a trouvé le temps de programmer notre séjour à Tampa. Nous avons pris la décision de faire le parc le lundi afin d'éviter les foules du dimanche et de tester un plage réputée de la côte : Saint Pete Beach.

Notre journée à Saint Pete Beach ne nous a pas déçu ! En effet, même avec près d'une heure de route (il faut dire que le trafic était dense en ville) la découverte de cette plage de sable blanc et de ses filles en maillot de bain nous a ravi ! D'ailleurs le trajet a vite passé dans la mesure où nous sommes tombés sur un chauffeur créole qui parlait français. Il nous a même conseillé la partie de plage où aller (certaines étant réservées aux hotels) et un restaurant fort sympathique et plutôt bon marché. Toutefois il n'y a pas grand chose à dire de cette journée qui se résume à la plage, les filles et le soleil (brûlant donc plein de coups de soleil et une soirée biafine...).


La journée de "repos" à Saint Pete Beach s'est révélée une idée géniale car le lendemain le dernier parc d'attractions nous tendait les bras : Bush Garden's. Il s'agit d'un subtil mélange entre parc d'attractions et zoo. En effet, plusieurs attractions nous permettaient d'observer certains animaux de la jungle (éléphants, rhinocéros, antillopes ect...). Mais c'était loin d'être aussi reposant qu'un zoo puisque pas moins de 6 grands-huit étaient présents. Et il faut dire que l'un d'entre eux, le Sheikra (photo) m'a tellement impressionné que je n'y ai pas mis les pieds. L'après-midi, après avoir mangé, nous nous sommes laissés tenter par un mini-safari dans de magnifiques jeep. On s'y était cru ! Une nouvelle fois, il faisait très chaud et le soleil n'avait que faire de nos brûlures de la veille... une soirée biafine était encore en vue... Cela dit, en fin d'après-midi, un orage est venu rafraîchir, un court instant, l'atmosphère. D'ailleurs nous l'avons entendu de très près puisque nous avions perçu le bruit électrique précédant l'éclair : assez impressionnant !

En direction de la sortie du parc, une magnifique volière se dressait devant nous. Nous pouvions même y entrer afin de contempler des oiseaux exotiques. Nous avions même l'occasion d'attirer les perroquets mais avec un petit liquide pour lequel il fallait payer... Nous étions plus rusés que ça et avons pris un petit récipient dans lequel nous avons juste mis de l'eau...nos oiseaux parleurs sont tout de même venus (la photo le prouve! ne suis-je pas ridicule avec mon chapeau de "JR Eweing"?). Cependant ils se sont vite apperçus de la supercherie et ont pris leur envol. Envol que nous devions également prendre le lendemain pour notre troisième étape : Miami !

samedi 9 août 2008

De la grandeur aux Etats-Unis, tome I : Orlando

Bonjour mes chers lecteurs, ça fait un moment déjà que je suis rentré de mon voyage aux Etats-Unis avec mes deux frères, Lionel et Benoît. Je me suis enfin décidé à vous conter mes souvenirs de cette fantastique aventure, en commençant par notre première étape à Orlando.




Nous sommes arrivés le 22 juin 2008 vers 21 heures dans notre hotel, le Windham resort, sur international drive, sous un ciel chargé et un temps assez lourd. Après une bonne nuit, nous avons acheté nos tickets pour les différents parcs que nous envisagions de faire (Sea World, Disney magic kingdom, les deux parcs d'Universal studio, wet'n'wild et enfin Bush gardens à Tampa). Le Premier que nous avons décidé de visiter, Sea World, se situe au bout de l'international drive. Comme prévu nous avons pris une navette pour nous y rendre. Sur le chemin, nous avons eu la chance de voir un hotêl pour le moins étrange puisque l'immeuble était batti à l'envers! Une fois arrivés à Sea World, nous avons tout de suite été plongé dans une ambiance pour le moins patriotique. En effet, à peine avions nous franchi les portes du parc que l'hymne américain retentissait. Tous les visiteurs se sont immobilisés, couvre-chef baissé et main sur le coeur : impressionnant, de quoi vous foutre la chaire de poule! Une fois remis de nos émotions, nous nous sommes avanturés dans le parc. Notre première escale fut un bassin où des raies nageaient ou plutôt volaient dans une eau limpide. Après avoir photographié le bassin sous tous ses angles, nous nous sommes dirigés vers un bassin beaucoup plus grand : celui des dauphins. Nous avons admiré ces mammifères de longues minutes avant de passer dans une salle où l'on pouvait les contempler sous l'eau : absolument grandiose! Mais la visite ne faisait que commencer! Après une autre escale dans l'observatoire des lamantins floridiens, place aux sensations fortes avec un grand-huit aquatique (quasiment le même que le Posseïdon à Europa-parc, bien sûr en plus grand et plus humide!!!). Une fois trempés, nous avons profité de la forte chaleur pour nous sécher en nous dirigeant vers le spectacle des "shamu", des Orques! Nous avons eu la bonne idée de prendre des places pas trop proches du bassin car ces mammifères géants n'ont pas hésité à éclabousser le public! Mais il faut dire que nous avons été subjugués par leur prestation, du grand show à l'américaine! Après un passage effrayant dans un tunnel de verre orné de piranhas et de requins, la faim nous poussait à chercher un petit restaurant. Une fois restaurés, une petite balade digestive s'imposait autour du gigantesque bassin des otaries et loups de mer. Les enfants pouvaient acheter des petits poissons pour les jeter aux otaries. Encore fallait-il pour eux être plus rapide que les goélands qui n'hésitaient pas à les prendre en plein vol dans la mains des enfants! Une fois le copieux repas digéré, nous avons osé braver le "Kraken", un nom terrifiant pour un grand-huit à sensations fortes garanties! Pas moins de six "inversions" (mot technique pour désigner les loopings et queues de cochons). De quoi vous secouer! Une fois revenus sur le plancher des vaches, il était temps d'assister au spectacle des dauphins. La photo suffit à elle-même, d'ailleurs je ne saurais trouver de mots assez forts pour décrire la beauté de ce spectacle! Tout simplement ahurissant!





Il nous restait encore à découvrir le dernier spectacle (enfin il y avait bien un spectacle nocturne avec jet-ski, feux d'artifices et compagnie mais bien trop tard pour notre navette du retour : pas encore habitués aux USA nous n'avions pas pensé à prendre un taxi!). Du coup, après avoir fait quelques achats plutôt intéressants, nous avons encore vu le spectacle des otaries et des phoques avant de prendre le chemin de la sortie. Nous avons quand même été bien avisés de prendre cette navette du retour dans la mesure où nous avons pu faire la connaissance du chauffeur qui parlait français!!! normal puisqu'il a passé 4 ans à Bâle, mais tout de même chapeau bas à Monsieur Remy! A peine les sacs à dos déposés dans la chambre nous avons pris nos serviettes et nos maillots de bain pour faire trempette dans une des piscines de notre hotêl. Ce fut d'autant plus agréable que la chaleur était pesante, et que les coups de soleil faisaient déjà leur apparition! (il faut dire que ma peau réagit mal au soleil...). Une fois secs, nous sommes allés nous balader le long d'international drive, une avenue typiquement américaine avec de gros néons tout les dix mètres et ces voitures américaines qui innondent les routes. Pour couronner la soirée, nous sommes allés manger dans un Burger King à une centaine de mètres de notre hotêl. Une fois rassasiés nous voulions continuer notre balade mais un orage eu raison de nous. Cela dit nous avons pu nous reposer en vue du lendemain car une longue journée se profilait à l'horizon : la visite du Magic Kingdom à Disney World.






La journée "Disney" a commencé par un long transfert en bus jusqu'aux parcs de Disney World : un immense complexe où les 5 parcs sont reliés par un réseau autoroutier et par des monorails reposant sur d'énormes piliers en béton. La grandeur américaine était palpable! Une fois arrivés à la station de bus, il nous fallait prendre un ferry pour parvenir jusqu'à l'île du Magic Kingdom, le parc ayant servi de modèle à Eurodisney. Ce fut le parc qui nous a le plus déçu, certainement parce que nous en attendions beaucoup! Mais d'une part le monde et d'autre part l'âge des attractions ont eu raison de nos espérances. En effet, Eurodisney est beaucoup plus récent donc ses attractions (space montain ect...) sont plus modernes... Bref, en dehors de la magie de Disney, nous n'avons rien ressenti de particulier si ce n'est la chaleur! D'ailleurs le soleil tapait tellement que mes oreilles ne le supportaient plus, j'ai donc acheté un chapeau à la "J.R. Ewing" pour les protéger! Malgré tout nous nous sommes bien amusés! Surtout dans les bûches : nous avions bravé la longue attente (plus d'une heure) pour finalement être doublement mouillés. En effet, l'attraction en elle-même est très humide mais quand il se met à pleuvoir en prime, mouillage intensif garanti! Nous sommes quand même restés jusqu'à 23 heures dans le parc, heure à laquelle il nous fallait partir pour ne pas rater notre bus. Pourtant nous avons réussi à le rater! Il devait se trouver dans une case 49 or, un autre bus s'y trouvait déjà et donc nous n'avons pas vu le notre arriver. Mais une nouvelle fois, notre malheur a fait notre bonheur! En effet, nous avons vu un peu plus loin une ligne de citybus, pas la ligne qui passait devant notre hotêl mais la même compagnie! Nous avons décidé de le prendre et, chose qui nous a agréablement surpris : le chauffeur, très très gentil nous a expliqué quelle était notre correspondance et l'heure à laquelle l'autre bus arriverait. Rien à voir avec l'idée que l'on se fait des américains (individualistes notoires...). De plus, durant notre attente, nous avons fait la connaissance de deux charmantes serveuses du Planet Holliwood. Nous avons profité de l'occasion pour travailler notre anglais et je dois dire que nous nous sommes bien débrouillés! Nous sommes donc rentrés avec un peu de retard sur ce qui était prévu mais même sans ça, nous aurions eu du mal à dormir. En effet, l'excitation commençait à monter : le lendemain c'était le premier parc Universal qui nous attendait!





Pour l'occasion, j'avais décidé de me vêtir de mon T-shirt "Homer Simpson" dans l'espoir de rencontrer mon personnage préféré de cette célèbre famille dégeantée! A peine arrivés dans la City Walk, lieu de jonction des deux parcs Universal, un peu dans le style du Disney Village à Marne-la-vallée, que nous ne savions déjà plus où poser les yeux. Enfin presque car les miens étaient vite rivés sur ma star : Homer!!! Même pas encore dans le parc que l'appareil photo de mon frère Benoît a bien chauffé! Une fois le portique de sécurité commun à tout les parcs franchi, nous nous sommes dirigés vers Beverly Hills. Là nous avons rencontré Marylin et surtout assisté à un spectacle à vous couper le souffle, un de ceux dont les américains ont le secret! Je veux parler du show Terminator 2! Incroyable : des effets spéciaux impensables et des acteurs qui sortent de l'écran pour tirer du fusil à pompe dans la salle et foncer en Harley! Même pas le temps de nous remettre de nos émotions qu'une autre attraction nous faisait frissonner : E.T. l'extra-terrestre. Un parcours dans une nacelle en forme de vélos au sein de la forêt où l'on pouvait suivre les aventures d'E.T.! Une attraction incroyablement réaliste, nous nous y croyions! Pas le temps de souffler : prochaine étape le village des simpsons et Men in Black. Après une longue attente, nous nous sommes dirigés vers Amity, le tristement célèbre village balnéaire des Dents de la Mer. Nous avons embarqué dans une chaloupe qui bien sûr allait se faire attaquer par un monstrueux requin blanc! Manque de chance, moi qui suis terrifié par ces poissons, celui-ci attaquait justement à ma hauteur (à trois reprises!). Dire que j'avais le sang glacé est un euphémisme! Tout juste le temps de reprendre mes esprits que l'attraction que l'on peut voir dans le Flic de Beverly Hills 3 (l'attaque dans le métro) se présentait à nous. Mais, à la sortie, triste surprise : un orage, bien réel celui-là, s'abattu sur le parc. Mais pas de quoi nous décourager! Surtout qu'il nous restait à faire la revanche de la Momie (un grand-huit dans le noir) et Twister (la reproduction d'une tornade). La momie s'est bel et bien vengée, si vous voulez un grand-huit avec des tas d'effets spéciaux et des sensations fortes garanties, je vous le conseille vivement! Mais que dire du réalisme de la reproduction de la tornade, d'ailleurs quand le toit de tole qui nous protégeait s'est mis à s'effondrer, je me suis mis à plat ventre, bien heureusement, le toit s'était arrêté comme prévu. La poule mouillée Cédric s'était fait piéger! 21 heures déjà, heure de fermeture du parc! Mais à notre plus grand bonheur, la City Walk commençait juste à s'animer et j'ai pu faire une rencontre inattendue, devant le Hard Rock Café avec ma très chère SHAKIRA!!!


Après le parc Universal, le jour est venu de visiter Island of adventur, le second parc du groupe Universal. Celui-ci est thématisé autour de films cultes tels Hulk, Siderman, Jurassic Parc... Bref, sensations fortes garanties dans la mesures où les grands-huit font légion. A peine entré dans le parc que le Hulk nous tend les bras, un grand-huit où l'on est projeté à très grande vitesse pour pas moins de 8 inversions! Absolument décoiffant! Ensuite, le tour est venu pour le simulateur en trois dimensions de Siderman : une attraction où l'on suit, dans un petit wagon, les aventures de l'homme-araignée. La magie de la "3D" fait que l'on se sent vraiment tomber dans la chute finale même si l'on est rattrapé au dernier moment par une toile. Puis le quartier des toons s'érigeait devant nous avec un rafting et des bûches également très très humides! Mais le plus ahurissant était encore devant nous : Jurassic Parc reproduit quasiment grandeur nature! Pas moins de 3 attractions dans ce quartier pré-historique. Après avoir mangé dans la réplique du centre de contrôle de Jurassic Parc, le moment était venu pour voir un petit spectacle thématisé autour de Posseïdon (le dieu de la mer). Encore une fois le savoir-faire américain nous a scotché! Après avoir passé un tourbillon d'eau, une salle se dressait devant nous, salle qui allait être le lieu d'un terrible combat entre le dieu de la mer et le dieu du feu. Absolument géant! Mais ce n'était toujours pas le moment de se reposer puisque l'attraction phare du parc nous attendait encore : deux grands-huit entre-mêlés l'un à l'autre et se croisant à plusieurs reprises notamment lors d'un looping où l'on avait l'impression de toucher les passagers du wagon d'en face! Encore une fois les décors nous faisaient plonger au coeur du Moyen-Age : il fallait choisir entre la glace (le grand-huit bleu) et le feu (le grand-huit rouge). Ensuite, quelques attractions plus douces pour calmer la tension! 21 heures, l'heure de quitter le parc pour la City Walk où nous avions prévu de passer la soirée. Excellent choix puisqu'un concert en plein air été organisé, ambiance vacances garantie!


Déjà le dernier jour à Orlando : au programme, petit déjeuner américain, parc aquatique et dîner chez les pirates. Nous nous sommes mis en marche vers 8 heures (une heure et demi de sommeil en plus que les autres jours!). Après une bonne demi-heure de marche, nous sommes arrivés dans une chaîne de restauration qui proposait un petit déjeuner typique à, tenez vous bien, 3$99!!! Par personne!!! C'est pour vous dire qu'on a rentabilisé notre investissement avec oeufs brouillés, saussices, bacon, paincakes, brownies, fruits ect... Une fois pleins, nous nous sommes dirigés vers le dernier parc qu'il nous restait à faire, même s'il s'agit davantage d'un complexe de piscines avec vagues et des tobbogans de toutes sortes. Nous avions beaucoup de chance au niveau du temps puisqu'aucune goutte n'est tombée. En revanche, notre crème solaire n'étant pas water proof, nous avons eu la mauvaise surprise, le soir, avec de gros coups de soleil. Mais la soirée promettait d'être belle : nous avions réservé un dîner-spectacle chez les Pirates de la "carrier drive", une avenue perpendiculaire à celle de notre hotêl, à vingt minutes à pieds. Le dîner fut copieux et très goûteux, le spectacle lui fut exceptionnel. L'ambiance surtout était indescriptible : un vrai voyage dans le temps où l'on pouvait se prendre pour le capitaine Jack Sparrow! Il nous fallait rentrer et surtout préparer nos bagages en vue de notre départ le lendemain matin pour Tampa.



mardi 8 avril 2008

Hors jeu(x) !

L'actualité sportive offre plusieurs sujets se prêtant à commentaires. En effet, qu'il s'agisse de football avec les multiples erreurs d'arbitrage et la connerie de certains supporteurs, ou des Jeux Olympiques avec le problème sous-jacent des droits de l'Homme en Chine : le sport s'expose aux critiques.
I- Le football sous le feu des critiques.
Les arbitres de football se distinguent de plus en plus par leurs erreurs commises au cours des matchs de championnat mais aussi à des moments plus importants : la finale de la Coupe de la Ligue. Cette même finale offre la triste occasion de parler de la connerie des supporteurs de football qui se manifeste dans les tribunes sous plusieurs formes.
A- Les arbitres : hors jeu !
Le bruit court que les arbitres de Ligue 1 sont les plus mauvais arbitres européens, ce qui se traduit notamment par l'absence d'arbitre français à l'Euro 2008 qui aura lieu en Autriche et en Suisse. Les statistiques ne plaident pas en leur faveur : depuis le début de la saison, au terme de la 31e journée, pas moins de 85 "erreurs importantes" ont été recensées par le journal L'EQUIPE (voir le lien). Le match Bordeaux-Nancy a d'ailleurs connu pas moins 4 erreurs qui ont coûté la voctoire aux nancéens (qui seraient revenus à hauteur des bordelais à la seconde place du classement). Le jour même, lors de la finale de la Coupe de la Ligue opposant le RC Lens au Paris Saint-Germain, deux erreurs de M. DUHAMEL ont octroyé le trophée aux parisiens. Les arbitres français ne sont pas les seuls en cause puisqu'en Champion's League et en Coupe UEFA aussi les arbitres font des erreurs qui coûtent cher. Les arbitres hollandais et suédois des rencontres ayant opposées Arsenal et Liverpool sont visés (le premier ayant refusé un pénalty évident sur une faute commise par le batave Dirk KUYT, son ancien voisin (!) ; le second ayant octroyé le pénalty de la victoire à Liverpool sur une faute inexistante). L'arbitre suisse du match opposant Getafe au Bayern de München a injustement accordé le second but de Luca TONI alors que celui-ci s'était appuyé sur le défenseur espagnol. Malgré toutes ces erreurs décisives, le président de l'UEFA, le français Michel PLATINI, maintient son opposition incompréhensible à l'égard de la vidéo (alors que le rugby y recourt!). En effet, il pense que deux arbitres placés dans les surfaces de réparation suffiront à éviter de telles erreurs. Pourtant il admet que l'erreur est humaine... De ce fait, il ne fera qu'augmenter les possibilités de commettre des erreurs. Pourquoi refuser l'évidence : la vidéo est nécessaire.
Par ailleurs, et cela concerne uniquement les arbitres français, le comportement des "hommes en noir" est plus que montré du doigt par le milieu. En effet, ces derniers ont une fâcheuse tendance à se comporter comme des tyrans. Preuve en est : Antoine KOMBOUARE, l'entraîneur de Valenciennes, s'est fait expulsé par l'arbitre du match alors qu'il a été pris à parti par le quatrième arbitre (quatrième arbitre qui finalement ne sert qu'à énerver les entraîneurs déjà sous pression puisqu'ils n'indiquent que le temps additionnel et les changements...ils pourraient également se charger du contrôle de la vidéo et démontreraient ainsi leur utilité!). Outre ces problèmes, le comportement sur le terrain est loin d'être exemplaire. En effet, lorsqu'ils attribuent une "sanction administrative" (un carton jaune ou rouge) ils ne font que le brandir avec une attitude plus que hautaine. Les arbitres anglais appellent le joueur concerné, lui expliquent la faute commise et lui adressent le carton. L'échange est plus humain, cordial et la sanction est non seulement comprise par le joueur mais aussi mieux acceptée puisque l'arbitre se montre plus "accessible" par rapport aux joueurs, moins dictatorial.
Le football ne se distingue pas uniquement par les erreurs d'arbitrage mais, malheureusement, par la connerie de certains "supporteurs".
B- Les supporteurs : hors jeu !
Personne n'a pu passer à côté de cette histoire de banderole déployée par un fraction de "supporteurs" du Paris Saint-Germain lors de la finale de la Coupe de la Ligue face au Racing Clud de Lens. La violence de sa teneur était à la hauteur de l'imbécilité de ses auteurs ("Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch'tis"). Esperons que la Justice puisse sanctionner comme il se doit ces individus qui ne méritent pas l'appellation de "supporteurs". D'ailleurs, ils ne méritent pas d'entrer dans un stade de football qui doit être uniquement la scène d'un spectacle sportif.
Il serait cependant injuste de stigmatiser les "supporteurs" parisiens (pourtant spécialistes en la matière) puisque les Bastiais, les Lyonnais et les Stéphannois se sont également fait remarquer avec des banderoles toutes plus stupides et grossières les unes que les autres (surtout lors des derbys entre Lyon et Saint-Etienne).
Il toutefois triste de voir que la commission de discipline de la Ligue de football professionnel est plus difficilement enclin à sanctionner le PSG que le FC Metz! En effet, suite aux injures raciales dont Ouaddou a été victime, le club lorrain a été sanctionné par le retrait d'un point au classement et ce dans la quinzaine des faits. Le PSG, lui, a le luxe de voir sa sanction repoussée jusqu'au 30 avril (plus d'un mois après les faits). De plus l'incertitude demeure quant au fait de sanctionner le club parisien. En effet, le PSG est concerné par la reléagation et les autorités hésitent quant au fait de lui retirer des points qui pourraient peser lourd. Je rappelle juste que Metz est en dernière position et donc pleinement concerné par la relégation.
Quant au fait de savoir qui il faut sanctionner quand les "supporteurs" se rendent coupables de tels agissements, je pense que le club est responsable dans la mesure où il contrôle les entrées au stade (et encaisse les bénéfices!). De plus, le football et plus particulièrement la Ligue professionnelle se voit octroyer des droits de télévision exorbitants, il serait normal que les clubs (qui en touchent une bonne partie) fassent des investissements dans la sécurité des stades. Cela devrait également être couplé par l'adoption de mesures législatives à l'encontre des "supporteurs" coupables de tels actes, mesures qui prévoieraient l'interdiction de stade pour longue durée (comme cela se fait en Angleterre) et obligation de pointer au commissariat pendant les heures de match. L'Angleterre a d'ailleurs adopté de telles mesures pour éradiquer le hooliganisme de ses stades, avec succès, après de tristes évènements (le Heysel en 1985) et de lourdes sanctions contre les responsables (exclusion de Liverpool des coupes européennes). J'espère donc que les sanctions seront exemplaires et produiront leurs effets afin que les stades français soient enfin le théâtre d'un spectacle complet, à la fois sur le terrain (sic) et dans les tribunes (avec des chants de supporteurs dignes de ceux anglais ou allemands).
Le football n'est pas l'unique sujet de discussion sportif. En effet, ces derniers temps, les Jeux Olympiques s'exposent à de nombreuses critiques. En fait, ce ne sont pas les J. O. qui sont directement visés mais les organisateurs, puisque le comportement des autorités chinoises à l'égard des tibétains fait plus que jamais débat.
II- La Chine : hors jeux olympiques !
Les Jeux Olympiques d'été se dérouleront, cette année, en Chine. L'hôte olympique s'est tristement distingué au cours des dernières semaines, voire au cours du dernier siècle. En effet, pour répondre à une révolte tibétaine, les autorités chinoises ont déployé une violence extrême en répression. Nul doute que les chinois ont le sens de l'exemplarité des peines!
Néanmoins, l'opinion publique mondiale s'est saisie de l'occasion des J. O. pour tenter de peser sur la question tibétaine. En effet, suite aux interventions médiatiques de sa sainteté le Dalaï Lama, le courant pro-tibétain a profité du parcours de la flamme olympique autour du monde pour dénoncer l'oppression, voire le "génocide culturel" dont souffre ce peuple. De façon plus large, les militants des droits de l'Homme se sont saisis de cette question qui ne doit laisser personne indifférent! En effet, ce sont des valeurs universelles qu'il convient de défendre. Devons nous laisser nos impératifs économiques prendre le dessus, la question est posée. Certains chefs d'Etat ou de gouvernement ont décidé de ne pas se rendre à la cérémonie d'ouverture des jeux de Pékin (Gordon BROWN notamment). Notre Président de la République a dit qu'il réservait sa réponse... Bref, nos impératifs économiques (notre collaboration avec les chinois) pèsent bien lourds dans la balance! Toutefois, il ne faut pas accabler Nicolas SARKOZY car il doit s'assurer de la bonne santé économique de la France, santé qui passe par une nécessaire collaboration avec les chinois. En effet, combien d'entre nous n'ont aucun produit estampillé "made in China"? Combien d'entre nous sont contents que la France puisse vendre des avions, des TGV, des centrales nucléaires à la Chine? Nul ne peut contester que la Chine constitue un énorme marché, incontournable pour nos entreprises. Pour autant, je ne pense pas que la question des droits de l'Homme et du Tibet doit passer à la trappe. Je pense que nos dirigeants sont pas à la meilleure place pour défendre cette cause face à la Chine. De toute façon, combien de chinois connaissent nos différents chefs d'Etat ou de gouvernement? Très peu, donc leur absence à la cérémonie d'ouverture aurait que peu de raisonnance en Chine mais ne manquerait pas de heurter nos partenaires commerciaux, compliquant ainsi une scène économique internationale déjà tourmentée par la conjoncture actuelle. Je pense en revanche qu'un moyen de pression efficace existe. En effet, quoi de mieux qu'une décision de nos chaînes de télévision de ne pas retransmettre la cérémonie d'ouverture des Jeux? Nos gouvernements et chefs d'Etat ne pourraient alors que répondre à la Chine que les médias sont libres chez nous! La Chine se heurterait ainsi à nos valeurs, que nous défendons tous et non aux positions particulières de nos dirigeants. Je pense que seule une décision issue de la Société civile peut être lourde de sens, nos dirigeants sont bien incapables d'agir efficacement en matière de droits de l'Homme face à un partenaire commercial dont ils ne peuvent se passer (pour notre bien!).
Ainsi, je pense qu'il faut défendre nos valeurs et la cause tibétaine à notre niveau. Je pense que la force des citoyens de nos démocraties peut engendrer une grande vague dont les médias seraient bien inspirés de se saisir, manifestant ainsi notre liberté et la liberté de la presse. Je pense que ce serait la meilleure des leçons à donner à la Chine afin qu'elle prenne conscience que nous sommes attachés à nos valeurs, que nous ne cédons pas. La Chine n'aura alors d'autres moyens que de respecter nos valeurs, sous peine de se mettre hors Jeux!

















mardi 18 mars 2008

Enfin une solution pour l'Europe !

Ceci est dans une large mesure la reprise de la préface de M. Jean Quatremer figurant dans l'ouvrage de Jean-Luc Sauron "Comprendre le Traité de Lisbonne".
Le "Traité modificatif", signé le 13 décembre 2007 à Lisbonne, met un terme à treize ans de négociations sur la réforme institutionnelle de l'Union européenne. Ce texte sera aussi sans doute le dernier des grands traités horizontaux avant longtemps, car les Etats ont acquis la certitude qu'à vingt-sept - et bientôt trente - Etats membres, il est quasiment impossible de parvenir à un compromis un tant soit peu ambitieux et surtout d'affronter ensuite avec succès l'ensemble des ratifications nationales qui s'imposent. Plus le nombre de pays membres s'accroît, plus les risques d'un "accident" de ratification augmentent. Ce n'est pas un hasard si, pour la première fois depuis Maastricht, ce traité ne comporte pas de clause de rendez-vous. Enfin, le traité de Lisbonne enterre toute ambition constitutionnelle européenne, les référendums négatifs de 2005 en France et aux Pays-Bas sur le traité constitutionnel ayant montré qu'une partie des peuples de l'Union, sans doute par incompréhension, n'était pas prête à un tel saut conceptuel.
C'est au lendemain de la signature du Traité de Maastricht, en février 1992, que la Commission européenne, alors présidée par Jacques Delors, a lancé la réflexion sur une réforme institutionnelle de l'Union. Elle attirait l'attention des Etats membres, au nombre de douze, que l'effondrement des dictatures communistes de l'Est européen rendait inéluctable l'élargissement. Or, les institutions de l'Union ont été prévues pour six et elles risquaient de ne pas résister aux adhésions qui s'annonçaient. Une fois le Traité de Maastricht ratifié, non sans mal, l'Union s'est donc attelée à la tâche dès 1995 avec l'installation d'un nouveau "comité des sages". Très rapidement, il est apparu que la réforme était sinon impossible, du moins extrêmement difficile, puisqu'il s'agissait non seulement de rééquilibrer le pouvoir entre les institutions communautaires et entre l'Union et les Etats membres, mais aussi entre les Etats membres, les "grands" souhaitant garder une place centrale dans une Europe qui serait dominée à terme par les "petits".
Le Traité d'Amsterdam de 1997 fut, en dépit de quelques progrès, un échec sur le plan de la réforme institutionnelle. Le Traité de Nice de 2000, censé achever ce qui n'avait pas pu être fait avec le traité d'Amsterdam, donna lieu à un déchainement d'égoïsmes nationaux dont les Etats sortirent pantelants : la démonstration était désormais faite que les gouvernements n'étaient plus capables de consentir volontairement à de nouveaux partages de souveraineté*(1), ni à perdre la moindre parcelle de pouvoirs dans une Union qui, en moins de quinze ans, a vu ses compétences se démultiplier. Sur proposition allemande, un changement radical de méthode a été décidé : une convention - composée en très grande partie de députés nationaux et européens ainsi que de représentants des Etats membres et de la Commission - a donc été chargée de mettre au point un nouveau texte. Originalité supplémentaire de cette enceinte : elle réunissait non seulement les quinze Etats membres de l'époque, mais aussi les douze "presque membres" plus la Turquie. Sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, elle travailla de février 2002 à juillet 2003 et parvint à un consensus inespéré.
Le texte qu'elle adopta prit la forme d'une "Constitution"*(2). L'Union étant avant tout une union d'Etats, cela impliquait l'acceptation de ce projet par une Conférence intergouvernementale (CIG) composée des seuls représentants des Etats, ainsi qu'une ratification par chaque Etat membre. D'où son nom baroque de "traité établissant une Constitution pour l'Europe". En juin 2003, à la demande expresse des gouvernements, il fut demandé à la Convention de codifier l'ensemble des traités existants et de les adjoindre au projet de la Convention : Valéry Giscard d'Estaing mit en garde les chefs d'Etat et de gouvernement contre une telle idée, car cela risquait de brouiller le message constitutionnel. Il ne fut pas entendu, les Etats craignant que les "politiques communes" aient une moindre valeur que la future "Constitution". Après un an de négociations entre les Etats, l'essentiel du texte élaboré par la Convention fut adopté par les vingt-cinq (l'élargissement à dix nouveaux Etats membres était devenu effectif le premier mai 2004) et la "Constitution" solennellement signée à Rome le 29 octobre 2004.
Ce texte proclamait l'ambition politique de l'intégration européenne par son appellation même. La quasi-totalité de son apport était uniquement institutionnel : il ne donnait aucune compétence nouvelle à l'Union et se contentait, dans sa troisième partie consacrée aux politiques communes, de codifier et d'appliquer les novations institutionnelles de la première partie (la deuxième partie étant constituée par la Charte des droits fondamentaux).
A la fois pour des raisons de politique intérieure, mais aussi sous la pression de la Grande-Bretagne qui avait promis d'organiser un référendum sur le projet de traité constitutionnel, Jacques Chirac a alors décidé de consulter le peuple français sur ce texte. La campagne référendaire a rapidement dérapé, sous l'influence d'une partie de la classe politique qui a utilisé ce scrutin à des fins personnelles : il n'a jamais été question de l'apport du texte lui-même, mais des mérites de l'économie de marché et de l'insatisfaction des Français vis-à-vis de la situation économique d'un pays vivant avec un chomage de masse depuis trente ans et d'un pouvoir politique discrédité. Toutes les enquêtes d'opinion avant et après le référendum montrent que c'est moins le texte que le contexte qui a motivé le vote des Français qui, le 29 mai 2005, ont rejeté le texte par près de 55% des voix, un rejet sans appel. On a eu beau expliquer aux Français que la troisième partie, la seule qui a été critiquée, n'était qu'une compilation améliorée des textes existants et qu'un rejet de la "Constitution" ne les modifierait pas, rien n'y fit. La campagne a largement échappé à toute rationalité.
Après le rejet, deux jours plus tard, des Néerlandais, là aussi sur un score sans appel, il fallait trouver un moyen de sortir de l'impasse ainsi créée. Car, comme le rappelle Jean-Luc Sauron (Maître des requêtes au Conseil d'Etat, Professeur associé à l'Université Paris IX-Dauphine et Président de l'Association des juristes européens) dix-huit pays ont ratifié (dont deux par référendum) le traité constitutionnel avant, mais aussi après le double non franco-néerlandais. Et quatre autres étaient prêts à le faire. Deux pays pouvaient-ils ainsi bloquer la marche en avant de l'Union ? La réponse négative s'est rapidement imposée. La voie choisie est originale : comme les apports institutionnels de la "Constitution" n'ont jamais été contestés, puisqu'il s'agit d'améliorer le Traité de Nice, il suffit de les reprendre à l'identique dans un "traité simplifié", selon l'expression de Nicolas Sarkozy qui a proposé cette solution en septembre 2006, durant la campagne présidentielle, en les répartissant, sous forme d'amendements dans les traités existants. On constatera que c'est la mécanique institutionnelle qui est modifiée, afin de l'améliorer et la démocratiser et non le fond des politiques communes qui demeurent inchangées. Mais, changement de taille, la forme "constitutionnelle" a été sacrifiée et le droit primaire n'est plus codifié. Autant dire que si les deux textes se ressemblent, il serait inexact d'affirmer qu'ils sont identiques et que l'on fait rentrer par le fenêtre un texte sorti par la porte : même si le singe et l'homme partagent 99% de leurs gênes, le singe n'est pas l'homme. C'est exactement la même chose pour le Traité de Lisbonne et la défunte "Constitution".
Contrairement à ce qu'espéraient les tenants du "non" de gauche, officiellement non souverainistes, le rejet de la "Constitution" n'a pas causé un "choc salutaire" amenant les Etats membres à négocier une nouvelle "Constitution plus sociale", quoi que cela signifie. Ce qu'ils n'ont pas compris est que le traité constitutionnel constituait le maximum acceptable par les vingt-sept Etats membres. Cela reste vrai deux ans plus tard. Qui peut sérieusement croire que les traités actuels auraient pu être signés par les six Etats membres d'origine, en 1957 ? La confiance nécessaire aux partages de souveraineté se conquiert doucement. La construction communautaire s'est faite pas à pas, de façon pragmatique : elle n'a jamais prétendu être une "construction d'ensemble", car cela n'est tout simplement pas politiquement envisageable.
En réalité, si le "non" a profité à quelqu'un, c'est aux eurosceptiques. Cette renégociation miraculeuse a permis à la Grande-Bretagne d'obtenir la disparition de tout ce qui pouvait faire penser à un Etat (symboles*(3), appellation de "ministre des Affaires étrangères", affirmation de la supériorité du droit communautaire sur le droit national*(4), etc.) et elle s'est taillé un statut sur mesure (la Charte des droits fondamentaux ne lui sera pas applicable et elle choisira ce qui lui convient dans le domaine de la justice et des affaires intérieures). La Pologne, elle, a retardé l'entrée en vigueur du nouveau mode de vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil des ministres de 2009 à 2017.
Le plus grave n'est sans doute pas là : le double "non" franco-néerlandais a achevé de convaincre les Etats que le temps des traités horizontaux était terminé. Autrement dit, le Traité de Lisbonne fige le droit primaire communautaire pour de très longues années. Les seuls traités que l'on peut encore imaginer sont des traités ponctuels (par exemple dans le domaine de l'énergie) et plus probablement des traités liant quelques Etats membres en dehors des procédures communautaires (même si les coopérations renforcées sont peu attirantes). Le "non" continuera à produire longtemps ses effets délétères sur l'Europe, même si le Traité de Lisbonne permet au moins à l'Union de refermer une plaie béante.

Si vous êtes mordus d'Europe comme moi, je vous conseille deux ouvrages pour comprendre l'histoire de la construction européenne et la manière de faire l'Europe :

  1. Histoire de la construction européenne de Marie-Thérèse Bitsch aux éditions "complexe"
  2. Le coq et la perle, cinquante ans d'Europe de Sylvie Goulard aux éditions du "seuil"

*(1) : partage de souveraineté : la souveraineté est une puissance absolue, c'est le fait de détenir la compétence de sa compétence ("competenz-competenz"). Les Etats membres de l'Union européenne sont toujours souverains : il ne faut pas confondre la souveraineté avec l'exercice de la souveraineté. En effet, les Etats sont souverains mais transferent certaines de leurs compétences à l'Union européenne afin que les Etats réunis en son sein décident ensemble : ils partagent leur souveraineté. Il y a délégation de compéténces donc transfert de l'exercice de la souveraineté et non transfert de souveraineté !

* (2) : le Traité établissant une Constitution pour l'Europe (TCPE) est un traité international et en aucune manière une Constitution. En effet, ce texte a été adopté par des Etats non par le peuple directement. Il ne s'agit pas du pouvoir constituant mais du pouvoir qu'ont les Etats à contracter (les contrats entre Etats sont des traités).

* (3) : le Traité de Lisbonne abandonne certains symboles fédérateurs. En effet, le drapeau européen n'est plus obligatoire, l'hymne européenne (l'hymne à la joie) disparaît, au même titre que la devise de l'Union européenne ("Unis dans la diversité" pourtant issue d'un panel d'européens). Ainsi, tout ce qui pouvait fédérer les populations a disparu.

* (4) : quoi qu'en décident les Etats, de droit communautaire primera toujours les droits nationaux. En effet, ce principe de primauté découle de la jurisprudence même de la Cour de Justice des Communautés européennes et plus précisément de son arrêt du 15 juillet 1964 Costa contre ENEL (affaire n° 6/64).

mardi 8 janvier 2008

Le problème de la France : la peur d'entreprendre

Une fois n'est pas coutume, je vais allier le sport à la politique. En effet, je pense que le football français (la Ligue 1) et la société française ont un point commun : ils souffrent tout les deux de la "peur d'entreprendre".

D'abord la Ligue 1.

Parmi les championnats européens, la Ligue 1 est celui où l'on marque le moins! La moyenne de buts marqués par match est de 2,2 alors qu'en Premier League (championnat anglais) on culmine à 2,8. Suivent la Bundesliga (championnat allemand) avec 2,67 et les championnats italiens et espagnols (le Calcio et la Liga) avec 2,57. Il est à noter que ces moyennes tiennent compte de la différence du nombre d'équipes dans les différents championnats (seulement 18 clubs en Bundesliga et 20 clubs pour les autres championnats).

Comment expliquer cette différence ?

De nombreux spécialistes s'accordent à dire que la Ligue 1 est écrémée de ses meilleurs joueurs, partant tous dans des clubs étrangers, plus riches et bénéficiant de fiscalités moins lourdes (et aussi plus ambitieux, on y reviendra). Cette lecture des faits est incontestable tant il est vrai que les clubs français se font littéralement piller par les grosses écuries étrangères. D'ailleurs, il ne s'agit pas seulement des stars confirmées mais également des jeunes prometteurs qui, une fois formés (dans nos centres de formation reconnus!) partent à l'étranger. Souvenons-nous des Sinama-Pongolle et Le Tallec qui sorti du centre de formation du Havre sont partis pour Liverpool à 18 ans! (sans s'y imposer par la suite!). L'exemple également de Sébastien Frey parti de Cannes à 18 ans pour l'Inter de Milan. Dans le même temps, les grands clubs de ces championnats arrivent à conserver les meilleurs joueurs, qui y passent parfois toute leur carrière (Raùl au Réal Madrid, Maldini au Milan AC, Gerrard à Liverpool, Puyol à Barcelone, Totti à la Roma...).

Je pense que ce n'est pas la seule raison de notre mauvaise moyenne de buts par match. En effet, il me semble que dans le football, comme dans le sport en général, c'est l'aspect mental qui est déterminant. Aussi, je crois que la motivation peut parfois compenser la différence de capacités entre les sportifs. En ce qui concerne le football, cette vision semble correcte. En France, les équipes jouent pour "ne pas perdre", "ne pas encaisser de but" ou à long terme pour le "maintien". En Angleterre mais aussi en Allemagne, les équipes jouent pour gagner, pour marquer un but de plus que leur adversaire. Et quand on demande leurs ambitions pour la saison à venir, il y a au moins cinq à six clubs qui visent le titre alors qu'en France, seul l'Olympique Lyonnais assume ses ambitions, les autres clubs pouvant jouer le titre préférant éviter la pression en décrétant jouer "l'Europe". Il n'y a qu'à voir les entames de match : en Angleterre, une "petite" équipe comme West-Ham jouant contre l'ogre de Manchester United n'hésite pas dès le coup d'envoi à aller de l'avant, mettre la pression sur la défense mancunienne. En France, quand le "petit" Metz joue face au "grand" Lyon les messins gardent le ballon en défense afin de retarder l'échéance : encaisser un but. Les interviews de mi-temps confirment ce manque d'ambition, cette peur d'entreprendre. Sur Canal +, la réponse traditionnelle est "on était bien en place, on a pas pris de but, il faudra continuer à être solide en défense et peut-être aller marquer un but". Ce n'est malheureusement pas comme ça que les équipes françaises vont marquer plus de buts! Certains vont y répondre qu'en Angleterre et en Allemagne les défenses sont moins bonnes qu'en France. Il y a certainement du vrai, mais le football est devenu un spectacle or, un O-O n'est pas forcément un bon spectacle pour celui qui est venu payer sa place au stade! D'ailleurs, c'est parce qu'il y a plus de spectacle en Angleterre que les places au stade y sont plus onéreuses. Ceci permet aux clubs d'augmenter leurs recettes afin de pouvoir se payer les meilleurs joueurs.

La transition est toute trouvée puisque c'est de cette envie d'entreprendre que découle la bonne santé financière des clubs d'outre-manche. Ce qui nous conduit au second point, plus politique et économique : la peur d'entreprendre qui règne en France et qui explique en partie nos problèmes économiques.

De quoi s'agit-il ? Tout simplement qu'en France, nous n'avons pas assez d'entrepreneurs, de personnes qui osent, risquent en lançant leur propre entreprise. En effet, il règne encore l'image de l'ouvrier qui passe toute sa vie active dans la même usine. Or, nos usines ferment et l'économie française est appelée à tendre vers une économie de services, sur le modèle par exemple de l'économie anglaise (encore les anglais) ou irlandaise. Toutefois, toutes les industries ne sont pas touchées (l'agro-alimentaire et la distribution sont même en excellente forme!). D'ailleurs ce secteur montre combien le goût du risque peut rapporter, faisant ainsi exception avec cette peur d'entreprendre qui paralyse l'économie française. Tout le monde connaît les chaînes "Auchan" et "Carrefour" où l'on va faire ses courses. Et bien ses monstres financiers sont partis de rien : des petits entrepreneurs qui se sont lancés à partir de petites épiceries (au départ) dans le secteur de la distribution. D'ailleurs le nom de ces groupes remonte à leur lancement : "Auchan" parce que l'épicerie (épicerie améliorée) était ouverte à proximité d'un champ donc les gens disaient : "je vais faire mes courses au champ" ; "Carrefour" tout simplement parce que le premier point de vente était situé à un carrefour. Ces entrepreneurs ont réellement pris des risques dans la mesure où ils ont révolutionné la distribution dans un pays où les habitants étaient attachés à leurs petits commerces. Ces derniers ont donc décidé de réunir dans un même point de vente plusieurs types de produits. Inutile de dire que ces risques se sont avérés payants!

Et bien la France manque, aujourd'hui, de ces entrepreneurs. Or les marchés sont là pour qui a envie de se lancer. Il n'y a qu'à voir comment l'Irlande, en dix ans à peine, a modifié son économie grâce aux entrepreneurs privés qui ont fait fleurir des milliers de petites et moyennes entreprises. Les secteurs concernés sont évidemment les services, tant à la personne qu'aux entreprises. Pis, des entrepreneurs français sont allés dans ces pays pour y lancer des entreprises qui aujourd'hui sont en plein "boum". Mais là nous touchons la cause de ce problème : le poids de la fiscalité sur les entreprises. En effet, les charges qui pèsent sur les patrons français dissuadent les nouveaux entrepreneurs de se lancer. Je ne parle évidemment pas du "patron" tel qu'il est, à tort, vu par l'extrême gauche : riche PDG roulant en jaguar vivant dans un appartement du seizième ou dans sa villa du Sud de la France. Ces derniers sont d'ailleurs une minorité : le poumon économique de la France est constitué par les PME et non par les gros groupes. Or ces PME sont, hélas, trop souvent dirigées par un de ces patrons qui cumule deux à trois emplois pour un seul salaire! (souvent le patron aide ses employés dans leurs tâches, doit s'occuper de démarcher de nouveaux clients, et est submergé par les tâches administratives et comptables : trois emplois et un seul salaire car il ne peut pas s'augmenter dans la mesure où son entreprise, encore fragile sur le marché, doit être rentable face au poids des charges pesant sur elle et face à ses concurrents!).

La France souffre donc d'un mal qu'elle peut elle-même résoudre : en allégeant les charges pesant sur les entreprises, elle libérera ainsi les forces qui chercheront réellement la croissance!

Lectures utiles : Le courage du bon sens, Michel Godet (Odile Jacob) ; La guerre des deux France, Jacques Marseille (tempus) et le grand gaspillage, Jacques Marseille (tempus).

vendredi 2 novembre 2007

Référendum or not référendum that is the question

La grande question à la mode ces derniers temps, et qui fait suite à l'adoption du "Traité simplifié", est sa soumission à un référendum en vue de sa ratification.
A mon sens, cette question n'a pas lieu d'être, en tout cas, plus aujourd'hui. En effet, le candidat Nicolas SARKOZY s'était engagé, en cas d'adoption par les 27 Etats membres de l'Union européenne d'un tel traité, de le faire ratifier par voie parlementaire. La question aurait donc du être posée lorsque les citoyens ont voté pour ce candidat, surtout que Nicolas SARKOZY ne s'en était pas caché et que tant Ségolène ROYALE que François BAYROU le lui avait reproché.
De plus, nos parlementaires étant fraîchement élus, n'avons-nous pas confiance en notre représentation nationale ? D'autant plus qu'eux aussi ont été élus en sachant qu'ils allaient devoir ratifier ce Traité (en cas d'adoption par les 27).
Je pense que ce débat est hors de propos. Par ailleurs, le choix de ratifier le TCPE (Traité établissant une Constitution pour l'Europe) par voie référendaire était lui plus contestable. En effet, plaidait pour sa soumission au suffrage populaire l'argument selon lequel des droits concernant directement les citoyens étaient inclus dans ce dernier. En revanche, quelle peut être l'utilité de soumettre un texte purement institutionnel au peuple, de surcroît lorsque ce dernier n'est peu voire pas informé du fonctionnement actuel des institutions.
Cet argument est d'autant plus fort aujourd'hui que le "Traité simplifié" est uniquement un Traité institutionnel !
Le peuple devrait, avant de réclamer un "droit au référendum", remplir ses devoirs civiques. En effet, quand on voit le triste record d'abstention des élections européennes, on est en droit de douter de l'intérêt porté par le peuple à l'égard de l'Union européenne !
D'ailleurs, l'enjeu de voter sur un texte institutionnel est limité : la Constitution de la Ve Répulique l'a bien montré puisque l'évolution des institutions s'est faite sans l'assentiment du peuple. En revanche, le vote des euros-députés est lui d'une importance cruciale. En effet, ce sont nos euros-députés qui agissent au sein des institutions européennes et qui construisent les politiques menées au niveau européen. Pour être plus complet, il faut souligner que c'est le conseil (des ministres) européen qui détient la part la plus importante du "pouvoir législatif" au niveau européen. Or ces derniers sont également, plus ou moins directement, sous le contrôle du peuple.
Pour conclure, il me semble essentiel de préciser que la Constitution offre au Président de la République un choix quant à la ratification d'un Traité. Or, ce choix est discrétionnaire ! De plus, le candidat qui a accédé à cette fonction avait, bien à l'avance, précisé le choix qu'il ferait s'il était élu. Le peuple français s'est donc prononcé sur la question. Le débat n'est donc pas seulement hors de propos mais passé en force de chose jugée !